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05/11/2016

Le SAM as a Service comme prochaine étape évolutive du Software Asset Management

Le marché du SAMaaS étant encore assez confidentiel, Sia Partners a interviewé des acteurs majeurs du marché du Software Asset Management, Aspera, Flexera Software et Snow Software, afin de faire un état des lieux de ce marché. L’article qui suit est une synthèse des informations recueillies.

1-Qu’est-ce que c’est que le SAMaaS ?

Plusieurs définitions du SAM as a Service (SAMaaS) existent aujourd’hui et peuvent prêter à confusion. Aujourd’hui la pratique SAM dans les entreprises est généralement prise en charge par une ou plusieurs équipes internes. De plus, les entreprises peuvent faire appel à des sociétés de service et de conseil dans le cadre d’interventions ponctuelles, comme des audits logiciels ou des demandes d’expertises spécifiques. De notre expérience et sur la base des échanges que nous avons eus avec les sociétés Aspera, Flexera et Snow, nous pouvons dire que ce qui caractérise le SAMaaS par rapport à la pratique SAM actuelle est l’externalisation du service SAM dans la continuité.

Le SAMaaS est un service qui permet de garantir dans la durée la conformité logicielle en s’assurant, au travers d’inventaires réguliers, que l’écart entre les licences utilisées et celles acquises est proche de 0 sans être négatif.

Certains acteurs du SAMaaS, en plus des services susmentionnés accompagnent les entreprises dans l’optimisation de leur parc applicatif. Mais il s'agit là d’un besoin évolué qui nécessite un niveau de maturité élevé de l’entreprise. Les pays d’Europe du Nord (Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas) sont les plus matures sur le SAMaaS car la notion de conformité y est plus forte. Les pays anglo-saxons (UK, USA, Allemagne) suivent cette tendance car ils ont été très sensibilisés au SAM ces dernières années. En France :

  • En 2014 les entreprises ont subi beaucoup d’audit, elles ont ainsi commencé à réagir ;
  • En 2015 les entreprises ont commencé à mettre en place les stratégies de contrattaque possibles, c’est-à-dire se mettre en conformité pour la plupart et pour les plus matures optimiser leur parc logiciel.

Il existe une différence de maturité entre les entreprises purement franco-françaises, qui sont jugées moins matures, et les filiales françaises d’entreprises multinationales qui sont considérées plus matures, en raison du partage de bonnes pratiques au travers de leur organisation internationale.

2-Comment faire du SAMaaS ?

D’une façon générale, le point de départ principal du SAMaaS est le SAM. L’entreprise cherche d’abord à se prémunir d’un audit imminent. Une fois ce besoin ponctuel satisfait, l’entreprise entrevoit les possibilités offertes par une assistance continue et surtout outillée par une solution spécialisée. En effet, le SAMaaS de par son caractère continu permet de maîtriser le risque financier lié à l’audit éditeur, de réduire les coûts des actifs logiciels par économie d’échelle grâce à la vision transverse des progiciels, mais aussi d’améliorer la sécurité SI au travers du contrôle continu de l’ensemble des logiciels installés sur les postes de travail.

a-L’internalisation vs l’externalisation

Le SAMaaS est un service externalisé. Aujourd’hui l’internalisation de la pratique SAM se fait dans la durée en termes de déploiement et d’implémentation des processus et des ressources internes. La phase de déploiement d’une organisation SAM en interne peut durer en moyenne 2 années, avec un coût d’implémentation qui varie entre 200K€ et 1M€, selon la taille de l’organisation et le périmètre logiciel sélectionné.

L’externalisation offre de ce fait certains avantages :

  • Disponibilité rapide de ressources compétentes
  • Disponibilité d’un service déjà industrialisé, outillé, sur étagère
  • Accès aux bonnes pratiques du SAM
  • Flexibilité et évolutivité du service

La phase de mise en place d’un service managé n’est pas immédiate. Une période de structuration du dispositif et implémentation des activités peut durer entre 2 et 4 mois.

Au-delà des avantages dans la phase initiale, le SAMaaS apporte des économies importantes pendant la phase d’exploitation. Les activités d’inventaire, d’évaluation de la conformité et d’optimisation représentent les phases les plus chronophages du SAM, qui occupent non pas seulement l’équipe cœur SAM mais aussi d’autres interlocuteurs et parties prenantes au sein de l’organisation. En externalisant ces activités avec un dispositif outillé et industrialisé, le besoin de ressources internes peut être significativement réduit, dans certains cas jusqu’à 50%.

Chaque entreprise a des besoins et des environnements différents, ainsi un business case détaillé doit être élaboré afin de bien identifier les gains et le ROI de la démarche SAMaaS.

b-Les acteurs et les modèles économiques

Trois types d’acteurs existent sur le marché du SAMaaS et mettent en œuvre des modèles économiques adaptés à leurs spécificités :

  • Les Managed Service Providers (MSP), de grandes SSII, intègrent dans leurs contrats de service une offre SAM mais celle-ci n’est pas industrialisée : utilisation d’Excel avec une démarche principalement manuelle. Leur offre reste basique et principalement focalisée sur la gestion de l’inventaire et peuvent s’appuyer sur des solutions d’ITSM.
  • Les éditeurs logiciels offrent un service packagé mais basique, qui se base sur des inventaires, des rapports de conformité et parfois des recommandations d’optimisation du parc logiciel. Toutefois ce type de service est marginal : les éditeurs basent principalement leur modèle économique sur la vente de licences plutôt que du conseil ou d’autres services.
  • Les sociétés de conseils / prestataires de services en partenariats avec éditeurs logiciels forment un binôme avec plus de services et valeur ajoutée sur la partie conseil et expertise avec d’autres services sur-mesure (formations, amélioration de processus, simulation et business case,…).

3-Quels sont les prérequis, les problématiques rencontrées par les acteurs du SAMaaS ?

Afin de garantir une bonne efficacité du SAMaaS et de la relation avec le prestataire externe, certains prérequis doivent être respectés avant la mise en œuvre. L’entreprise doit :

  • Assurer l’engagement et le sponsorship du management ;
  • Définir une gouvernance interne responsable de la gestion du contrat de service et la relation avec le fournisseur ;
  • Disposer de processus permettant de fournir facilement les inputs nécessaires avec un niveau de qualité adéquat au prestataire.

Au-delà des prérequis, il est important de convenir des responsabilités respectives de chaque partie, du périmètre de la mission et du niveau de service attendu. Dans aucun cas, le prestataire est responsable de la conformité logicielle (l’entreprise reste propriétaire de ses licences logicielles). De plus, les activités de gestion contractuelle et de relation fournisseurs doivent être maintenues en interne.

4-Quelles sont les évolutions et les perspectives du SAM as a Service ?

En France, la tendance actuelle est d’abandonner les tableaux Excel et de s’équiper d’outils spécialisés. La majorité des entreprises commence à comprendre qu’une démarche manuelle est chronophage et nécessite une main d’œuvre importante pour lancer et maintenir les inventaires, mettre à jour les règles, etc. Cela pourrait représenter un premier pas vers le SAMaaS sur le long terme.

Les éditeurs sont tous d’accord sur le fait que le marché du SAMaaS va croitre très fortement dans les prochaines années. Pour les entreprises, deux trajectoires sont envisagées :

  • Les entreprises matures sur le SAM et disposant de compétences internes pourront continuer à s’outiller et graduellement basculer vers le SAMaaS
  • Les entreprises moins matures ne disposant pas de compétences et d’outils internes pourront passer directement au SAMaaS, sans devoir développer et mettre en place une équipe interne. Cela leur permettrait d’éviter de roder des équipes internes pendant 2 à 3 ans.

Pour Aspera, les secteurs moteurs seront ceux ayant un besoin fort de conformité (secteur bancaire, pharmaceutique, énergétique, assurantiels). Aspera estime également que l’avenir du SAMaaS passe par la création de centres de services partagés mis en place par les fournisseurs de service sur la base de partenariats avec les éditeurs.

Pour Flexera, le marché du SAM continuera à croitre à un taux proche de 100% par an. Même si le SAM est actuellement un sujet fortement présent dans toutes les entreprises du CAC 40, le SAMaaS restera encore une pratique de niche pour les prochaines 4-5 années.

Pour Snow, il y aura une évolution du SAM et du SAMaaS vers un marché plus mature, celui de la 4eme génération du SAM orienté sur le patrimoine logiciel de l’utilisateur plutôt que sur les terminaux accédés par celui-ci. Le freelance sera également en forte croissance, faute de compétences expérimentées sur le marché de l’emploi.

En général, le SAM as a Service semble se positionner comme l’évolution naturelle du SAM, ce n’est qu’une question de temps avant que la majorité des entreprises le mette en place.

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